samedi 29 août 2015

"Bande De Filles" par Céline Sciamma (spoilers)

En ce Samedi de soleil (enfin !), je m'en vais vous parler d'un film plein d'espoir et d'amour. Enfin pas toujours mais quand même.
Il s'agit de Bande De Filles par Céline Sciamma. 

Marieme est la 3è en partant de la gauche.

Petit résumé de notre cher Allocine ( http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=220471.html ) pour ceux qui ne connaissent pas ; "Marieme vit ses 16 ans comme une succession d’interdits. La censure du quartier, la loi des garçons, l’impasse de l’école. Sa rencontre avec trois filles affranchies change tout. Elles dansent, elles se battent, elles parlent fort, elles rient de tout. Marieme devient Vic et entre dans la bande, pour vivre sa jeunesse."

Le film commence sur une scène de football américain féminin... Très longue et qui ne semble avoir aucun lien avec la suite du film. Autant vous dire que l'entrée en matière est plutôt étrange... Peut être pour représenter la combativité des filles, je ne sais pas.... Bref, plutôt sceptique sur les premières minutes.
Puis on fait la connaissance de Marieme (qui est d'une beauté...) et de sa famille ; ses deux petites sœurs, sa mère et son frère (qui est un gros con). 

Elle est beeelllleeeeeeee !!


Au fur et à mesure de l'histoire on comprend rapidement quels sont ces fameux interdits dont on parle dans le résumé. Marieme doit se débrouiller seule car sa mère est travaille de nuit et son frère est un tyran qui impose sa loi par la violence. Et qui n'hésite pas à frapper ses sœurs... L'union des deux plus grandes sœurs contre leur grand frère est d'ailleurs très touchante.

La scène du rendez-vous de Marieme avec la conseillère d'orientation nous aide aussi à comprendre l'ambiance de la vie de Marieme. La conseillère lui dit qu'elle doit aller en CAP et Marieme ne veut pas, elle veut être "comme tout le monde". Elle supplie la conseillère qui n'a ni états d'âme ni pitié et qui lui dit en gros "je m'en fout, fallait y penser avant si tu voulais pas aller en CAP".
En repartant de ce rendez-vous, Marieme se fait alpaguer par trois jeunes filles sur un banc. Ces dernières lui proposent devenir avec elles sur Paris et Marieme refuse, puis se ravise en voyant que c'est 3 jeunes filles connaissent des garçons. Elle est en plaine adolescence quoi. 

Le contraste entre ces 3 jeunes filles qui s'habillent comme des filles, se maquillent, parlent fort et rient et Marieme, timide et renfermée est flagrant. Petit à petit, ces trois amies vont convertir Marieme en lui apprenant le sens du mot "liberté". 

Au début de leur relation, quand Marieme décide de les accompagner à Paris, on les voit entrer dans le métro en hurlant sur des filles, elles mettent de la musique avec leurs téléphones et dansent en riant fort, sans se soucier des autres usagers. Je me suis dit "c'est typiquement le groupe de meufs que tu déteste dans le métro parce que tu penses qu'elles n'ont aucun savoir vivre. Ce que tu ne sais pas c'est que c'est un des seuls moments de liberté qu'elles ont, une fois rentrées chez elles elles doivent se taire et encaisser les coups". Ça fait réfléchir. 

Une scène forte du film, leur première soirée dans une chambre d'hôtel (cette fameuse scène ou elles chantent Rihanna à tue-tête). Cette scène hurle "Liberté", et c'est ce que défend le film. La libération de ces jeunes femmes en devenir, oppressées par leurs familles parfois violentes, par les garçons qui les traitent comme des putes, ...
Je crois que c'est la première fois que je vois ce genre de scène dans un film, on les voit chanter toute la chanson "Diamonds" de Rihanna, dans son intégralité ! Et ce n'est même pas long !

On voit comment elles occupent leurs vie dans ces cités où être respectée signifie défoncer la chef du gang voisin. La rivalité entre filles est aussi très présente.
Note à part, je pense qu'il s'agit là d'un des principaux problèmes qui empêchent justement la condition féminine d'évoluer ; les filles ne sont pas solidaires entre elles, et ce à n'importe quel âge et dans n'importe quelle communauté. Nous nous voyons avant tout comme des rivales (moi la première) et ça fait obstacle à nos combats, alors qu'on se bat pour les mêmes valeurs...

La combat mener dans ce film, en plus de celui pour la liberté, c'est celui pour croire en soi. Marieme se bat pour oublier tous ceux qui lui disent qu'elle est incapable, tous ceux qui ne la considèrent pas. Et c'est à ça que servent la bande des 3 filles, elles sont là pour aider Marieme à croire en elle, à croire en tout, et à s'émanciper de son frère trop violent et autoritaire. 

J'ai été sur le qui vive tout le long du film. La vie de ses filles est tellement ponctuées de catastrophes que l'on a toujours peur qu'il en arrive une.

(Spoiler alert, je vais parler de la fin du film)

Après de multiples aventures, notamment la fugue de Marieme, son emploi de dealeuse, sa colocation avec une prostituée, Marieme revient dans sa cité pour aller voir son amoureux. Et j'ai été étonnée, presque blessée par la rapidité avec laquelle elle tourne le dos à l'amour. Son amoureux (avec qui elle n'a pas le droit d'être parce qu'il est un ami de son frère) lui propose de l'épouser (à 16 ans, oui...) pour qu'elle ne soit plus traitée comme une catin. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle accepte, mais pas non plus à ce qu'elle le renvoie paître comme ça ! C'était le seul espoir que je voyais pour elle, et elle le balaie en une seconde... 
Après ça, elle va sonner à la porte de son ancien appartement, hésite à entrer et se ravise. On la voit s'adosser à un poteau et pleurer. Tout l'espoir s'échappe, on ne voit aucune issue pour elle. Plus de famille, plus d'amoureux, plus de logement, plus de travail. 
Et le film se termine sur le visage déterminé de Marieme, prête à affronter ce que la vie lui imposera. C'est tout, et pour moi ce n'est pas suffisant. Le générique vient comme une soulagement. Pas parce que le film est nul, au contraire, c'est un très beau message de liberté. Mais parce qu'en dehors du cadre Marieme n'existe plus, et donc sa vie horrible non plus. C'est un soulagement parce qu'on se dit que c'est terminé, que Marieme ne souffrira plus.

Pour conclure, j'ai vraiment beaucoup aimé, mais je trouve ça un peu trop sombre. L'espoir perceptible à la fin du film est trop faible pour que j'appelle ça une fin heureuse.

dimanche 23 août 2015

Lettre à moi même

21.08.2015

Lettre à moi même

Aujourd’hui j’ai 20 ans, et je me suis dit que c’était une bonne occasion pour écrire à mon moi du futur.

Donc, Bonjour moi.

Je crois que le principe de ce genre de lettre est de s’assurer que dans 10 ans, ou plus, je ne me suis pas trop éloignée de ce que je suis aujourd’hui.
C’est drôle et effrayant de se dire que dans 10 ans je n’aurais peut être plus rien à voir avec celle que je suis aujourd’hui.

Où est ce que j’habite dans 20 ans ? Est ce que je suis partie à l’étranger ?
Est ce que j’ai réussi ma licence ? Et ma licence pro ? Est ce que j’ai décidé de tout arrêter ? Peut être même que je vais décider ça d’ici quelques mois, mais moi je ne le sais pas et toi tu le sais. Tu sais tout de moi. Tout ce que je vais devoir vivre, apprendre, traverser, toi tu le sais déjà. Tu es l’évolution de moi.

Est ce que je suis amoureuse ? Est ce que je suis toujours avec Mr. Monamoureux ?

Est ce que j’ai un travail dans la culture et dans la rédaction comme je l’espère ? Ou est ce que j’ai tout changé ? J’ai peut être tout quitté pour devenir… Ecrivain ! Ou vendeuse, sociologue, nounou…

Où suis-je allée ? Qu’ai-je vu ?  Ce voyage à Amsterdam qu’on vient de m’offrir m’a t’il plu ?
Est ce que je vois encore mes amis du lycée, et ceux du BTS ? Qui ai-je perdu de vue ?
Est ce que j’ai des enfants ? Une fille, un garçon ? Est que j’ai appelé ma fille Ethel ?
Est ce que ma sœur et mon frère vont bien ? Et mes parents ?

Je me pose trop de questions et le pire est de savoir que je ne pourrai pas faire grand chose pour rester sur le chemin que je me trace aujourd’hui.
Est ce que je suis celle que j’espère être ? Est ce que je vais me décevoir ?

On m’a annoncé la mort d’un camarade de classe avec qui j’ai passé un an, une seule année et son absence me brise quand même. Est ce que j’ai réussi à écrire cette lettre à ses parents ? Est ce que j’ai eu le courage de leur dire que je ne le connaissais que très peu mais que sa mort me ronge ? Est ce que j’ai surmonté ma peur de pleurer ? Est ce que j’ai envoyé cette lettre qui aurait fait du bien à sa famille ?
Est ce qu’avoir 20 ans est plus dur que ce que j’imaginais ?

Est ce que je suis morte moi aussi ?

lundi 10 août 2015

Jack et la mécanique du cœur

Un jour je penserai à faire dans l'actualité, promis. 

Mais aujourd'hui, je vais vous parler d'un film d'animation sorti il y a plus d'un an, tiré d'un livre sorti il y a plus de 7 ans.... 
Il s'agit de Jack et la mécanique du cœur. Cet animé a donc été réalisé par Mathias Malzieu et Stéphane Berla et est basé sur le roman La mécanique du cœur écrit en 2007 par Malzieu. 

J'ai lu ce livre il y a trèèèèèès longtemps.. Mais je me souviens avoir aimé l'histoire, même si l'écriture de Malzieu me perdait un peu. C'était tout brouillon et plein d'images pas trop compréhensibles, comme si l'auteur avait décidé d'écrire ses sentiments, en laissant de côté tous les impératifs propres à l'écriture. 
Et je me souviens aussi qu'à l'époque on parlait déjà de sortir un film sur La mécanique du cœur. 

Après avoir visionné les clips (notamment Tais-toi mon cœur) et en avoir admiré la splendide animation, ma seule hâte était de voir le film. D'autant plus que j'avais lu je ne sais où que TOUT le film devait être réalisé avec la même animation que le clip. J'attendais donc avec impatience un film magnifique tiré d'un livre qui m'avait beaucoup plus.



Et quand le film est sorti en Février 2014, après je ne sais combien d'années à attendre... Déception. L'affiche ne ressemblait pas du tout à ce que j'espérais voir. L'animation me paraissait fade, déjà vue, pas du tout originale. Pas du tout ce que j'espérais quoi. Ma déception fut telle que je ne suis pas allée voir le film.

Image tirée du clip "Tais-toi mon cœur"

Affiche du film


Et en un an, j'ai lu deux nouveaux livres de Mathias Malzieu ; Le plus petit baiser jamais recensé et Maintenant qu'il fait toujours nuit sur toi. Et j'ai aimé.  Ces lectures m'ont replongée dans l'univers de Mathias M. et l'envie de voir Jack et la mécanique du cœur me titillait à nouveau.

Hier soir, j'ai donc décidé de le regarder, non sans appréhension. Je ne me souvenais que très peu de l'histoire et je gardais toujours le gout amer de ma déception visuelle.

Et bien j'aurais eu tord de ne pas le regarder... 
Effectivement, l'animation est bien moins jolie que celle du clip, mais elle reste plus que correcte. Tout le film est joli.
J'ai énormément aimé le fait que l'on retrouve des phrases complètement étranges de Malzieu sans que ça nuise à notre compréhension. Comme lorsque Madeleine dit à Jack "Ça ira bien avec ta tête d'oiseau à grands pieds." Ça ne veut rien dire mais c'est beau. 

J'ai retrouvé l'univers précieux de Malzieu, entre réel et imaginaire. Un univers où il suffit de se laisser glisser pour le comprendre et le suivre. 

Les voix utilisées sont merveilleuses, comme celle de Grand corps malade pour Jo, qui va à merveille avec le personnage. Mon seul reproche serait peut être la voix de Jean Rochefort pour Georges Melies. J'adore la voix de Rochefort, mais je trouve qu'elle ne colle pas vraiment avec le physique délicat et fin de G. Melies. 

G. Melies à votre droite

Petit détail ; j'aime énnnoooorrrméémeent le fait que la petite chanteuse se couvre de ronces lorsqu'elle est triste, en colère ou sur la défensive. Voilà c'est tout.

En tout cas, le film m'a plu. Vraiment plus. Retrouver les chansons que j'écoutais en lisant le livre était un retour dans le passé très agréable. 

Je suis déçue de ne pas être allée le voir au cinéma, ça aurait été d'autant plus envoutant. 
Si vous hésitiez, vous savez ce qu'il vous reste à faire !