vendredi 24 avril 2015

Lille accueille l'art contemporain à bras ouverts.

{Cet article est la copie d'un devoir que j'ai du rendre pour mes études, c'est pour ça que l'évènement date un peu et qu'il n'est plus d'actualité, mais je trouvais tout de même intéressant de vous le faire partager.}


Du 12 au 15 Février 2014 se déroulait le salon Art Up à Lille. Le Grand Palais avais pris des airs de musée pour accueillir les 104 galeries et les milliers de visiteurs venus de partout.
A tous les novices en terme de foire d’art, celle ci mérite le détour. Elle vous fait rentrer dans un autre monde, dans une fourmilière en quête de l’élévation suprême ; l’art, sa compréhension et, pour certains, son acquisition.


Imaginez vous au milieu d’une foule se composant essentiellement de jeunes étudiants en art, pour la plupart et de monsieurs en costumes dont le rêve est de pouvoir dire un jour « J’ai acheté de l’art. ». Imaginez vous voguant entre les stands, tournoyant au milieu des œuvres.
Dans cette immense sale, vous pouvez tout aussi bien croiser des œuvres de Mr. Chat que des photographies d’un inconnu au bataillon.
Maintenant que vous y êtes, commencez la visite.

Le plan immense que l’on vous donne à l’entrée ne vous sera pas d’un très grand secours et vous serez livrés à vous mêmes, perdus dans cette foule de fondus d’art. Mais les stands sont suffisamment bien organisés pour permettre une visite fluide et agréable, alors détendez vous, personne ne vous mangera.


LA RAFRAICHISSANTE EXPERIENCE DES ETUDIANTS DE LILLE 3

Art Up a eu la très bonne idée d’accueillir dans sa foire le pôle Arts Plastiques de Lille 3 afin de les immerger plus profondément dans le monde de l’art, en vue de leurs carrières futures.
En effet, dans un tout petit stand au fond de la foire, comme une cachette secrète où se réfugier quand les monsieurs en costumes se font trop austères, se trouve des œuvres réalisées par une poignée d’étudiants.
Malgré l’étroitesse de l’espace et la sobriété apparente du stand, venez profiter de cette vague de fraicheur que vous proposent les jeunes artistes.
Après être restés 20 minutes devant un tableau entièrement blanc, le regard vide, il fait un bien fout de se confronter aux petits nids de Mélissa Do ou aux papier froissés d’Adrien Téqui.
Non seulement c’est une expérience agréable, mais vous pourrez bénéficier des explications des artistes eux mêmes. Ce qui n’est pas possible à chaque stand d’Art Up et ce qui vous éviteras de stagner devant une œuvre incompréhensible.
Ce partenariat entre Art Up et Lille 3 est donc très attractif pour vous visiteurs, mais il est aussi une opportunité merveilleuse pour les étudiants, qui est celle de potentielles rencontres avec les galeristes.

Avant de vous perdre dans le flot d’œuvres et de galeries qu’il vous reste à voir, venez faire un tour de l’autre côté du salon, dans la galerie Calderone.


L’UNIVERS LUXUEUX ET DÉCADANT DE MALO

Eric Maloberti, alias Malo, a vu son travail exposé par le galeriste Mirko Maria Calderone.
Etant déjà l’auteur d’une série à succès « mon enfant tu seras », Malo est un photographe qui continue de susciter l’intérêt au fur et à mesure de ses nouvelles séries. Notamment pour sa série « une vie de château » financée par ses fans. Cette série est d’autant plus particulière que les modèles ont accepté de participer gratuitement à cette aventure.

Les photographies lisses et pures imprimées en 100x150 vous submerge comme une vague d’eau claire et vous emmène au fil des clichés dans une histoire sociale bien sombre.
En se promenant ainsi dans la galerie, vous pourrez vous retrouver face à une vie de château ou encore à la vie ordinaire d’un homme invisible.
Mais si l’on regarde sous les apparences colorées et luxueuses des photographies de Malo, on peut voir la crasse qu’elles recouvrent.

La vie de château, Malo

La vie ordinaire d'un homme invisible, Malo


Le photographe vous positionne en statut de voyeur on vous montrant les ébats érotiques d’un homme invisible et de sa femme, ou encore les orgies de femmes et d’animaux, et le tout dans de somptueux décors. Il vous montre sous le visage de fauves rayonnants, l’histoire d’une jeunesse dorée qui se surestime.
Malo n’est pas là pour adoucir vos yeux avec son esthétique parfaite, et lorsqu’on s’attarde un peu sur ses sujets, on peut voir les ténèbres parfois perverses de ses photographies.
Notamment si vous vous arrêtez devant la série « la vie ordinaire d’un homme invisible » qui n’est pas sans rappeler les photos post mortem du 19e s. Cette présence matérielle mais cette absence d’esprit, cette incapacité à partager est aussi choquante dans les yeux vides des enfants photographiés après leur mort que dans ceux d’une famille pour qui le père ne compte plus.
Les photographies de Malo sont un agréable mélange entre la noirceur des œuvres de Paolo Roversi et l’esthétique d’Erwin Olaf.

Laissez vous embarquer par ces narrations sociales décadentes, par cette jeunesse brillante et désœuvrée, par cette absence totale d’humanité dans la présence d’un père, par le monde magnifiquement macabre de Malo.

La salon Art Up reste avant tout un milieu commercial puisqu’il s’agit de galeristes, mais il ne tient qu’à vous d’en faire un lieu agréable, loin des sommes astronomiques d’argent échangées pour quelques toiles conceptuelles. Il n’est nul besoin d’être un collectionneur ou un critique pour apprécier Art Up.
Chers amateurs d’art, vous ne vous sentirez jamais mieux qu’après avoir ingéré toutes ces œuvres, qu’elles soient compréhensibles ou non, merveilleuses ou noires. Art Up est le rendez-vous rafraîchissant de tous les acteurs de l’art contemporain, et c’est un rendez-vous à ne pas manquer.

Tout le monde n’a pas les moyens d’acheter l’art, mais tout le monde a les moyens de l’apprécier.

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